Le 16 novembre, les socialistes devront - en conscience- faire leur choix pour désigner leur candidat à l'élection présidentielle. Chacun en mesure l'importance pour notre pays. Comme d'autres camarades, j' ai souhaité la candidature de Lionel Jospin pour ses qualités, son expérience d'Homme d'Etat.
La situation et les conditions politiques n'ont pas permis la poursuite de cette candidature. Je le regrette.
Pour autant, la vie politique continue. Les socialistes, plus largement la Gauche ont une obligation : reconquérir le pouvoir pour changer la vie de millions de français en relevant les enjeux pour permettre à notre pays de progresser vers un monde plus sûr, plus juste.
En tant que militant et élu, j'ai donc suivi avec attention les nombreux débats, les arguments avancés par les trois candidats. Exercice inédit, sans précédent, seul le Parti socialiste a ainsi su honorer les grands principes de la démocratie, ceux d'une organisation politique digne de ce nom qui aspire à gérer la destinée de notre pays à l'heure d'une démocratie plus participative.
Je ne partage pas l'idée d'un vote blanc ou d'une abstention à ce débat collectif. Chacun doit donc fonder son choix sur ce qu'il considère comme porteur d'une différence essentielle sur la conduite de la France. En 2008, un grand chantier nous attend : l'Europe. "L'Europe reste la Grande aventure" pour reprendre la pensée et la formule de François Mitterrand.
En mai 2005, le peuple français a rejeté majoritairement la proposition d'un nouveau traité portant une réforme des institutions de l'Union européenne. Il nous faut donc redonner une envie d'Europe aux citoyens et, en tant que socialiste, rester le fer de lance de cette construction européenne, ne pas laisser, ne pas abandonner l'idée européenne aux libéraux. Le rassemblement indispensable des socialistes exige de prendre en compte la diversité des approches. Plutôt qu'une alliance factice de circonstances entre socialistes porteurs d'un OUI volontaire à l'Europe et ceux partisans du NON, Ségolène Royal propose une nouvelle méthode, un calendrier pour relancer la construction européenne. Refusant de s'arc-bouter sur un débat institutionnel, elle suggère d'abord de montrer que l'Europe peut réussir par des projets concrets. Une fois la confiance restaurée, les français,les Européens seront alors à même de se pencher sur l'architecture de l'Union européenne. La France devra conduire - avec volonté et lucidité - lors de sa présidence en 2008 cette construction institutionnelle en associant de manière participative les peuples de l'Europe. Autour sept propositions, Ségolène Royal souhaite relancer la construction de l'Europe par la preuve. A l'heure où les nationalismes et les égoïsmes virulents qui en découlent peuvent menacer cette paix si chèrement acquise mais tellement fragile, nous avons plus que jamais une impérieuse nécessité d'Europe.
C'est un devoir d' Avenir. Pour moi l'Europe, c'est elle.
Pierre PRIBETICH
Délégué national au logement du Parti Socialiste,
Membre suppléant du Conseil National,
Président du Groupe Socialiste, radical et Apparentés - Ville de DIJON